Quel avenir pour le format Flash ?

février 24th, 2011   •   Aucun commentaire   

Logiciel développé au milieu des années 90 par les sociétés FutureWave puis Macromedia, Flash est conçu au départ comme un outil d’animation permettant de combiner image, vecteur, texte et son.
Le développement du Flash Player et son intégration progressive dans les navigateurs (Internet Explorer, Aol, Netscape..) ont fait de Flash un élément de plus en plus présent dans le paysage du Web.
Permettant des effets graphiques puissants, il apporte une forte valeur ajoutée dans le webdesign, restreint à cette époque à des possibilités de mise en page très pauvres (HTML, CSS et javascript).
En septembre 2001, une étude de Media Metrix pour Macromedia montre que 7 des 10 plus grands sites américains utilisent la technologie Flash.
Durant les années 2000, Flash racheté par le puissant Adobe, gagne en popularité, devenant la technologie utilisée pour les bannières pub, pour la vidéo et pour les sites haut de gamme.
Dédié à l’animation, le développement de Flash est de plus en plus porté vers une utilisation Web offrant une grande interactivité.
Fort d’un potentiel incroyable, le format Flash n’a pourtant jamais été aussi menacé. En déclin depuis quelque mois, sa fin est annoncée par certains observateurs.
En voici les principales raisons.

1- Apple et Microsoft le combattent

Depuis quinze mois, les géants de l’Internet ont engagé un combat sans merci à l’encontre du logiciel d’Adobe. Steve Jobs dans une lettre rendue publique déclare « Flash n’est ni stable, ni performant, ni sécurisé. C’est une technologie inadaptée aux écrans tactiles et qui réduit la durée de vie de la batterie. ». Même son de cloche du côté de Seattle, « Flash présente certains problèmes, notamment en ce qui concerne la fiabilité, la sécurité et la performance ».
Bien qu’encore limité par la bande passante, l’avenir d’Internet se jouera aussi sur mobile. Une entreprise souhaitant développer son activité en utilisant du Full Flash se coupera d’une partie de son audience. « Flash a été créé à l’ère du PC, pour des PC avec des souris », rappelle Steve Jobs cruellement. « Mais l’ère du mobile c’est une faible consommation en énergie, des interfaces tactiles, et des standards Web ouverts. Tous des domaines où Flash échoue. »

2-Un format peu lisible par Google

Adobe et Google améliorent au fur et à mesure leur partenariat, perfectionnant ainsi progressivement la lisibilité d’un fichier Flash. Aujourd’hui, beaucoup de sites Flash sont référencés voir bien référencés, mais peuvent-ils tenir la comparaison face à un portail puissant générant de nombreuses pages composées de contenus propres et actualisés ? Assurément non ! Le Flash reste trop peu lisible pour permettre une indexation pérenne sur des marchés concurrentiels.

3-Un format peu enclin à l’administration

Bien que de plus en plus tourné vers des fonctionnalités Web, Flash n’en reste pas moins un logiciel d’animation. La contrepartie d’une interactivité puissante et d’un aspect graphique performant est la faible possibilité d’administration et de gestion des contenus. Le développement d’un site Flash offrant le confort d’administration d’un CMS comme WordPress nécessite un développement long et très coûteux. Le développement d’une boutique e-commerce est également possible mais pour un coût multiplié par 5 à 10.
Le participatif a pris le pas sur le dynamisme graphique. Commenter, liker, tweeter sont devenus plus important que des effets d’interactions entre pages.

4-Quid de l’ergonomie ?

Les possibilités graphiques et d’interactivités proposées par Flash sont considérables. Les sites Flash offrent ainsi des aspects créatifs puissants qui peuvent perturber l’ergonomie et le confort de navigation des internautes. Le risque de perdre l’internaute dans une animation complexe est fort. Ajouté à cela le temps de chargement et les problèmes de player, l’internaute peut vite zapper un site visuellement fort mais compliqué, en faveur d’un site plus standard mais avec un accès à l’information rapide. Le taux de rebond d’un site Flash est de 30 % plus important qu’un site classique.

5-Un format propriétaire

Le format Flash appartient en totalité à une société privé, à la différence des formats HTML, CSS, etc.. Les acteurs du Web préfèrent se tourner ces formats non verrouillés. Steve Jobs déclare : « Flash est un format 100% propriétaire. Or, nous voulons favoriser des standards ouverts ». Le SWF  est opaque le rendant très peu accessible à d’autres machines. Pour pouvoir construire une animation Flash, il faut acheter le logiciel et une licence, alors que pour construire un site classique, un outil comme Notepad ou même Word peut suffire. Adobe tend vers une ouverture du Flash plus importante comme il l’a déjà fait pour le PDF. Une solution obligatoire pour maintenir le format dans la cour des grands.

6-Un développement plus onéreux

La construction d’un site Full Flash ou même d’une animation coûte cher au développement. Plus d’heures sont nécessaires à la réalisation et les horaires d’un Flasheur sont supérieurs à ceux d’un développeur classique. Construire un site plus cher pour un retour sur investissement plus faible peut faire réfléchir.

7-Autres désavantages

Les feuilles de styles en cascades ne sont pas applicables. Les fonctions de recherche n’accèdent pas au contenu d’un site Flash. L’historique de navigation n’inclut pas le contenu Flash. Il est impossible de faire un lien hypertexte. Il est difficile de placer du social bookmark envoyant vers un contenu précis, une url unique pour différents contenus.

HTML5 nouveau concurrent de Flash ?

La hype actuelle dans le monde du Web est à la norme HTML 5. Nouvel eldorado des développeurs, elle permettrait de résoudre les problèmes du Flash.

Tout d’abord, qu’est ce que le HTML 5 ? Il s’agit d’une évolution de la norme HTML 4.01 datant d’une dizaine d’années. Une norme complètement dépassée de nos jours en raison d’un imbroglio politique entre le W3C et le WHATWG. Pour faire plus simple, la norme HTML est la boîte à outil permettant de coder un site. Elle définit les normes d’écritures. Le HTML actuel est pauvre, confus et en complet déphasage avec le développement actuel du Web. Le HTML 5 donnera un grand coup de balai dans ce capharnaüm de normes et proposera de nouvelles balises. Peut-il concurrencer le Flash ? La réponse est non mais peut-être un peu quand même.
Non, car le Flash restera assez incomparable en terme de possibilité d’interpolation et d’animation. Un peu, car le HTML 5 apportera des nouveautés comme le drag & drop et le développement d’applications. Il apportera de la souplesse et un environnement plus riche. Les sites classiques seront ainsi plus interactifs et plus modernes. Une grande avancée par rapport à la tristesse actuelle mais pas une révolution.

Le seul véritable combat possible entre le Flash et le HTML 5 aura lieu concernant la vidéo.  En introduisant la balise « video » , HTML5 concurrence Flash sur son usage le plus répandu. C’est une alternative simple au Flash Player qui sera lisible sur les tablettes et les portables d’Apple. Youtube propose déjà de lire ses vidéos en HTML5. Apple et Microsoft poussent pour ce format moins lourd. « HTML 5.0 décrit les conditions de support de la vidéo sans pousser toutefois un format vidéo en particulier. Nous pensons que le H.264 est un excellent format. Internet Explorer 9 sera capable de lire des vidéos au format H.264 uniquement » déclarait  Dean Hachamovitch le DG en charge d’Internet Explorer.

Cependant, le HTML5 est un projet laborieux qui n’est pas encore terminé et qui rencontre à son tour pas mal de problèmes. Sa sortie effective n’est pas prévue avant 2014. Encore peu supporté par les navigateurs (à peine 10 % du marché), le HTML5 mettra des années avant de rentrer dans le quotidien des internautes. Entre parenthèses, si vous êtes encore sous Internet Explorer, installez Chrome ou Firefox, vous ferez avancer l’humanité !
De plus le format Vidéo n’est pas au point, ne présentant pas les mêmes possibilités qu’avec Flash. Il est, par exemple, très critiqué par YouTube. http://apiblog.youtube.com/2010/06/flash-and-html5-tag.html

Conclusion

Flash n’est donc pas mort. Ses qualités intrinsèques et son évolution progressive en font toujours un outil puissant et sans égal dans certains domaines. Incontournable pour la création de jeux (Farmville), de bannières publicitaires ou comme lecteur vidéo, il a encore de beaux jours devant lui. Déployé sur 99% des ordinateurs, il est un élément familier du quotidien des internautes. Le HTML5, s’il continue à s’améliorer, sera tout d’abord complémentaire avant d’être peut-être concurrentiel. Pour l’instant Flash n’a pas de concurrents directs, pas d’autres langages permettant d’offrir autant sans handicaps.

Cependant le Flash souffre de nombreux maux qui détournent de plus en plus clients et agences de lui. Le Flash en tant que site est clairement dépassé, trop risqué, trop cher et trop lourd. Il ne doit être considéré que pour des marques à fortes identités graphiques, des portfolios ou des books. Compatible avec le monde de la mode, de la photo, de l’art et de l’événementiel, il ne l’est pas pour des PME classiques, pour la création d’un site e-commerce, ou d’un site vitrine. Le site Flash permet de gagner en image et non en ROI.
En vogue il y a quelques années, le Flash était tendance, en avance sur son temps, symbole de l’adolescence du Web, il prônait l’apparence plutôt que la performance. Le Web aujourd’hui a grandi. Beaucoup plus concurrentiel, les parts de marchés sont plus dures à obtenir. L’important, c’est le trafic, le taux de transformation, le retour sur investissement. Ergonomie, partage et richesse de l’information ont pris le pas sur l’innocence du Flash.

Julien Casiro pour Internet réputation

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